AOC Romanée-conti
Trois grands crus de l'aire de vosne-romanée portent le nom de romanée : romanée-saint-vivant et deux crus monopoles, la romanée et romanée-conti. Ce dernier est l'un des vins les plus prestigieux et les plus chers du monde : il est produit en bouteilles numérotées – 6 000 tout au plus. Quant au domaine, son histoire est emblématique de la Bourgogne viticole : jusqu'en 1584 propriété des moines de Saint-Vivant, il fut acquis à prix d'or en 1760 par celui qui lui donna son prestige et son nom, Louis-François de Bourbon, prince de Conti. Sa superficie et ses limites n'ont pratiquement pas varié depuis le début du XVI e siècle.
Caractéristiques de l’AOC Romanée-conti
- Couleur
- rouge
- Potentiel de garde
- 10 à 20 ans (plus de 50 ans pour les grands millésimes).
- Principaux cépages
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Comment reconnaitre un Romanée-conti ?
- Oeil
-
Romanée-conti : Quel œil ?
La robe du vin jeune est d'un rouge vif et lustré. Il faut alors attendre cinq à dix ans pour qu'elle prenne des teintes carmin, nuancées d'acajou mordoré.
- Nez
-
Romanée-conti : Quel nez ?
Le vin dans sa maturité laisse percevoir un bouquet aussi subtil que complexe, mêlant rose à peine fanée, raisin en fleur, mûre, violette, terre mouillée, noyau de cerise, bruyère, cèpe, truffe, voire noix, musc et cuir.
- Bouche
-
Romanée-conti : Quelle bouche ?
Particulièrement discret dans sa jeunesse, le palais affiche déjà une structure parfaite, à la fois souple et serrée, soutenue par une belle acidité. Cette constitution monumentale et cette texture d'une extrême finesse révèlent peu à peu une personnalité d'une complexité sans limite.
- Mets vins
-
Romanée-conti : Quel accord mets/vin ?
Carré de mouton, lièvre à la royale, fi lets de levraut truffés, rôti de boeuf, fromages (cîteaux, saint-nectaire, coulommiers, brillat-savarin, reblochon).
- Service
- Romanée-conti : à quelle température le servir ? rouge : 15 à 16 °C
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Les vins Coup de cœur de l'appellation
Romanée-conti
2022 • Gd cru
- rouge tranquille
D'une magnifique profondeur de robe mais logiquement encore un peu fermé à ce stade, le grand cru 2022 s'offre avec une profondeur et une complexité hors du commun à l'aération : fleurs (rose, violette), cerise kirschée, menthe poivrée, thym frais et fines notes salines, presque iodées. En bouche, il est d'une ampleur et d'une densité majuscules, tout en restant très gracieux, soyeux, presque aérien, avec en soutien des tanins croquants d'une rare finesse de grain et une fraîcheur saline qui culmine dans une finale d'une longueur envoûtante.
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2018 • Gd cru
- rouge tranquille
Seulement 18 hl/ha pour la romanée-conti 2018 : à la rareté s'ajoute le caractère exceptionnel du millésime. Un millésime qui ne fut pas de tout repos pourtant. Qui mieux qu'Aubert de Villaine pour en parler : « Si?l'hostilité de la nature fut manifeste et si les obstacles qu'elle nous opposait : mildiou, canicule, orages, humidité et l'accélération de la végétation qui en résulte, n'étaient, pour chacun, pas nouveaux, leur virulence a constitué un scénario inédit qui nous a laissés, la vigne et nous, haletants au moment de faire des vendanges qui sont parmi les plus précoces de ces 50 dernières années. » Un millésime déjà « légendaire »?qui fait penser au caniculaire et très précoce 2003, mais avec beaucoup moins de journées de canicule et des orages peu importants et réguliers qui ont donné à la vigne le complément d'eau nécessaire. Grâce à quoi les raisins vendangés étaient très mûrs, très sains : « ce que l'on avait perdu en quantité, on l'avait peut-être gagné en qualités de densité et d'expression. », rappelle Aubert de Villaine, qui conclut ainsi sur le millésime : « le fruit intense de 2015 et l'extrême maturité de 2003 combinés pour nous offrir peut-être un nouveau 1947, millésime de légende s'il en est... » La dégustation confirme l'immense potentiel du cru 2018 : une robe pure, brillante autant que profonde ; un nez tout en délicatesse de bouton de rose à peine éclos mâtiné d'un fruité mûr et intense ; une bouche d'une finesse incomparable, offrant un toucher exquis autour de tanins de velours et une finale épicée d'une longueur impressionnante.
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2016 • Gd cru
- rouge tranquille
2016 n'a pas été de tout repos, loin s'en faut. « Un millésime où les extrêmes se sont affrontés et dont on pourra dire encore une fois que l'on n'en a jamais vu de pareil », écrit Aubert de Villaine dans ses fameux cahiers de vendanges. L'hiver fut doux, sans ces périodes de gel et/ou de neige qui « nettoient » la vigne. Résultat : un débourrement précoce. Puis la pluie, la pluie, encore la pluie, pendant tout le printemps et jusqu'à mi-juillet : 516 mm sont ainsi tombés entre janvier et mai sur Vosne-Romanée, soit plus que la triste année 1910 dont les précipitations avaient entraîné la perte quasi-totale de la récolte Qui dit pluie incessante, dit difficultés pour le travail du sol et pour la protection phytosanitaire. Puis arriva le 27 avril et son terrible gel, aggravé par ce contexte de forte humidité. Mais la romanée-conti ne fut pas ou peu touchée. Et le beau temps de l'été mit tout en ordre. Dans le verre, un grand cru d'exception, parfaitement équilibré de bout en bout et si élégant. La robe est sombre et veloutée. Au nez, apparaissent de fines senteurs de rose et de cerise confite sur fond de boisé si fondu qu'il en est presque imperceptible. La bouche, au toucher soyeux et caressant, est soutenue par des tanins d'une finesse exceptionnelle qui renforcent la douceur du vin. La finale, très longue et intense, laisse le souvenir d'une romanée-conti intemporelle.
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2012 • Gd cru
- rouge tranquille
« Certains millésimes connaissent des accouchements faciles : le vigneron intervient tranquillement et peu souvent, comme le fait l'équipage d'un voilier qui navigue par temps calme. Mais il n'est pas rare que le parcours vers la naissance du millésime s'apparente plutôt à la guerre, à une lutte de tous les instants pour garder le bateau à flot et arriver au but sans trop de dommages ! Ce fut le cas en 2012. » Les carnets de vendange du domaine, toujours passionnants, racontent par le menu cet éprouvant millésime où le climat a fait des siennes, où mildiou et oïdium ont sérieusement entamé la récolte à venir. En quantité, mais pas en qualité. « L'une des plus belles vendanges de ces dernières années », affirme Aubert de Villaine, la nature ayant rétabli l'ordre, l'été venu. Grâce à quoi, le millésime 2012 offre une superbe romanée-conti. Rien d'exubérant ou d'imposant ici, tout est dans la retenue. D'abord discret, voire timide, le nez s'ouvre peu à peu sur les fruits rouges frais, le poivre et la rose fanée, puis sur la terre humide et une pointe de salinité. Le palais se dévoile lui aussi avec parcimonie, autour d'une trame ferme et serrée et d'une texture très veloutée. Un vin de toucher, d'esprit plus que de corps.
en savoir plusLes vins d'appellation Romanée-conti
- rouge tranquille
D'une magnifique profondeur de robe, la Romanée-Conti 2022 s'offre avec une élégance hors du commun sur des parfums de fruits noirs, de cerise kirschée, de rose, de violette, d'épices fraîches, de bois de santal. En bouche, elle apparaît gracieuse, diablement soyeuse, presque aérienne, tout en affichant une matière dense, séveuse, d'un volume impressionnant, avec en finale une fraîcheur saline qui l'étire presque à l'infini. Déjà légendaire…
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- rouge tranquille
Sur ce millésime délicat, 80 à 85% de vendanges entières entrent dans la composition des vins. Dans le verre, cela donne une robe fluide, épurée, mais également une complexité aromatique admirable: groseille à maquereaux, canneberge, rosé fanée, cerise fraîche. On retrouve la rose dans une bouche profonde, tendre, soyeuse et fraîche à la fois, dotée de tanins suaves et veloutés, d'une persistance envoûtante. Un grand classique.
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- rouge tranquille
La romanée-conti a été récoltée parmi les premières vignes du domaine, le 17septembre au matin par un temps un peu couvert et des températures sans excès. Son rendement a été semblable à celui du grand cru la tâche, c'est-à-dire faible: 23hl/ha. Sa robe se fait pourtant plus légère et son expression aromatique n'a rien de comparable. Elle exprime des parfums subtils et complexes de rose, d'iris, d'anis, de fruits rouges, agrémentés de touches végétales nobles. Son inclassable texture de dentelle se développe avec une subtilité non moins inimitable dans une bouche d'une élégance et d'une longueur exceptionnelles. Une romanée-conti d'école.
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- rouge tranquille
Seulement 18hl/ha pour la romanée-conti 2018: à la rareté s'ajoute le caractère exceptionnel du millésime. Un millésime qui ne fut pas de tout repos pourtant. Qui mieux qu'Aubert de Villaine pour en parler: «Si?l'hostilité de la nature fut manifeste et si les obstacles qu'elle nous opposait: mildiou, canicule, orages, humidité et l'accélération de la végétation qui en résulte, n'étaient, pour chacun, pas nouveaux, leur virulence a constitué un scénario inédit qui nous a laissés, la vigne et nous, haletants au moment de faire des vendanges qui sont parmi les plus précoces de ces 50 dernières années.» Un millésime déjà «légendaire»?qui fait penser au caniculaire et très précoce 2003, mais avec beaucoup moins de journées de canicule et des orages peu importants et réguliers qui ont donné à la vigne le complément d'eau nécessaire. Grâce à quoi les raisins vendangés étaient très mûrs, très sains: «ce que l'on avait perdu en quantité, on l'avait peut-être gagné en qualités de densité et d'expression.», rappelle Aubert de Villaine, qui conclut ainsi sur le millésime: «le fruit intense de 2015 et l'extrême maturité de 2003 combinés pour nous offrir peut-être un nouveau 1947, millésime de légende s'il en est...» La dégustation confirme l'immense potentiel du cru 2018: une robe pure, brillante autant que profonde; un nez tout en délicatesse de bouton de rose à peine éclos mâtiné d'un fruité mûr et intense; une bouche d'une finesse incomparable, offrant un toucher exquis autour de tanins de velours et une finale épicée d'une longueur impressionnante.
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- rouge tranquille
L'équipe du domaine a eu très tôt confiance dans la qualité de raisins qui entraient en cave: la romanée-conti 2017 a été vinifiée intégralement en vendanges entières. Parée d'une superbe robe profonde et dense, elle dévoile un bouquet exceptionnel de complexité et d'une grande subtilité: on y devine de la cerise mûre, de la rose, de la pivoine, une note camphrée ou encore une touche saline En bouche, elle se montre à la fois aérienne et généreusement étoffée, offrant beaucoup de fraîcheur et de douceur dans sa texture. Soutenue par des tanins très subtils, elle déploie une finale d'une magistrale longueur. Le mythe semble cette année ne pas vouloir attendre le nombre des années pour révéler sa valeur
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- rouge tranquille
2016 n'a pas été de tout repos, loin s'en faut. «Un millésime où les extrêmes se sont affrontés et dont on pourra dire encore une fois que l'on n'en a jamais vu de pareil», écrit Aubert de Villaine dans ses fameux cahiers de vendanges. L'hiver fut doux, sans ces périodes de gel et/ou de neige qui «nettoient» la vigne. Résultat: un débourrement précoce. Puis la pluie, la pluie, encore la pluie, pendant tout le printemps et jusqu'à mi-juillet: 516mm sont ainsi tombés entre janvier et mai sur Vosne-Romanée, soit plus que la triste année 1910 dont les précipitations avaient entraîné la perte quasi-totale de la récolte Qui dit pluie incessante, dit difficultés pour le travail du sol et pour la protection phytosanitaire. Puis arriva le 27 avril et son terrible gel, aggravé par ce contexte de forte humidité. Mais la romanée-conti ne fut pas ou peu touchée. Et le beau temps de l'été mit tout en ordre. Dans le verre, un grand cru d'exception, parfaitement équilibré de bout en bout et si élégant. La robe est sombre et veloutée. Au nez, apparaissent de fines senteurs de rose et de cerise confite sur fond de boisé si fondu qu'il en est presque imperceptible. La bouche, au toucher soyeux et caressant, est soutenue par des tanins d'une finesse exceptionnelle qui renforcent la douceur du vin. La finale, très longue et intense, laisse le souvenir d'une romanée-conti intemporelle.
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- rouge tranquille
En cette année de reconnaissance des climats de Bourgogne au patrimoine mondial de l'Unesco, la romanée-conti ne pouvait être qu'immense, enfin plus encore qu'à l'accoutumée. Elle l'est. À tous les stades de la dégustation. La robe est délicate et profonde. Une profondeur que l'on retrouve dans un bouquet d'une complexité rare: fruits rouges mûrs, violette, rose, épices douces et multiples, caramel au beurre salé, chaque tour de verre fait poindre de nouvelles sensations. En bouche, le raffinement est à son comble autour d'une attaque aérienne et de tanins extrêmement fins, enrobés par une texture très soyeuse, très douce; une impression de douceur renforcée par des notes de rose sucrée, de cannelle et de loukoum! Une romanée-conti des Mille et Une Nuits, d'une longueur extraordinaire.
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- rouge tranquille
Dès le premier nez, l'élégance du grand vin ne laisse aucun doute: fruits rouges et noirs mûrs, rose, boisé frais et racé, le tout relevé par une note végétale qui apporte de l'énergie: c'est une romanée-conti ouverte, peu farouche, qui se présente à nous, sans exubérance non plus, avec le soupçon de retenue qui semble dire: «ne vous précipitez pas, le meilleur est à venir» On retrouve l'énergie végétale et le fruité juteux du bouquet dans une bouche aussi large que longue, tendre, dense et charnue, étayée par des tanins fins et serrés qui roulent sous la langue, longtemps, très longtemps et pour longtemps
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- rouge tranquille
En année difficile, la romanée-conti exprime peut-être encore davantage qu'en année heureuse la quintessence du pinot noir: austérité dans les volumes, richesse dans l'expression. Un mois de mai aussi glacial qu'arrosé retarde-t-il la floraison, un juin revêche entraîne-t-il coulure et millerandage? Les baies formées parcimonieusement ne profiteront que mieux de l'été plus clément Cueillies en un seul après-midi, le 8 octobre, lorsque l'automne imposait déjà sa fraîcheur, elles ont engendré un vin au nez étonnamment ouvert, gourmand et complexe, sur la fraise des bois et la cerise à l'alcool nuancées de verveine, de thé vert et d'encens. L'attaque délicate et fraîche ouvre sur un palais ample, suave, floral, dont les tanins se font oublier. Une romanée-conti «amicale et tendre», qui se livre sans réserve, mais sans excès ni démonstration de force. Complète, complexe, profonde et sincère.
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- rouge tranquille
«Certains millésimes connaissent des accouchements faciles: le vigneron intervient tranquillement et peu souvent, comme le fait l'équipage d'un voilier qui navigue par temps calme. Mais il n'est pas rare que le parcours vers la naissance du millésime s'apparente plutôt à la guerre, à une lutte de tous les instants pour garder le bateau à flot et arriver au but sans trop de dommages! Ce fut le cas en 2012.» Les carnets de vendange du domaine, toujours passionnants, racontent par le menu cet éprouvant millésime où le climat a fait des siennes, où mildiou et oïdium ont sérieusement entamé la récolte à venir. En quantité, mais pas en qualité. «L'une des plus belles vendanges de ces dernières années», affirme Aubert deVillaine, la nature ayant rétabli l'ordre, l'été venu. Grâce à quoi, le millésime 2012 offre une superbe romanée-conti. Rien d'exubérant ou d'imposant ici, tout est dans la retenue. D'abord discret, voire timide, le nez s'ouvre peu à peu sur les fruits rouges frais, le poivre et la rose fanée, puis sur la terre humide et une pointe de salinité. Le palais se dévoile lui aussi avec parcimonie, autour d'une trame ferme et serrée et d'une texture très veloutée. Un vin de toucher, d'esprit plus que de corps.
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- rouge tranquille
Ce domaine d'élite, qui refuse les facilités de la chimie, s'est trouvé confronté en 2011 aux défis posés par un millésime hors normes, à la précocité trompeuse. Un avril estival mais un juillet froid et ombrageux suivi d'un mois d'août instable, avec une alternance d'averses et d'épisodes caniculaires. Tout conspirait à perturber la maturation du raisin, et seul le botrytis était à la fête… Ici, pas de compromis avec la maturité: on attend le moment optimal. Même si l'orage gronde et qu'il frappe ici et là, tout près. Pour la romanée-conti, les sécateurs sont entrés en action le 6 septembre, profitant d'une brève accalmie. Les vendangeurs se sont faits orpailleurs, tant il fallait quêter le bon pinot parmi les baies grillées par un printemps trop sec et celles affectées par la pourriture, et parmi les grappes trop grosses, moins concentrées ou insuffisamment mûres. À la cave, autre tri: la nouvelle table vibrante a fait merveille. La récolte a été amputée de 30%, mais Aubert de Villaine considère cette perte avec philosophie: «L'équivalent d'un éclaircissage favorable à la qualité.» Bernard Noblet et son équipe ont dû particulièrement surveiller les fermentations de vendanges chaudes, et ils ont procédé à de longues cuvaisons (au moins trois semaines). L'été bourbeux de 2011 a finalement donné un vin superbe de délicatesse et d'élégance. Sans excès de couleur, «nature». Dans le bouquet complexe, tout aussi subtil et frais, qui s'épanouit peu à peu, une note minérale, de la cerise bien mûre, juste cueillie, une touche fumée, de la rose, et même de la fleur blanche, de la fougère, du menthol et des épices douces. La bouche, à l'unisson, parle encore à mi-voix, mais son murmure aérien est doux, harmonieux, prégnant, continu et profond, sans vide ni à-coup, et finit sur une évocation de bois noble. Une voix à la fois terrienne et céleste, qui n'est pas près de s'éteindre.
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- rouge tranquille
Si 2008 fut un millésime de combat, à l'issue incertaine jusqu'au bout, la victoire en 2009 fut remportée très tôt, dès le début du mois d'août. Et même peut-être avant, les pluies du printemps ayant constitué des réserves d'eau utiles à la plante pour franchir la sécheresse de l'été. Signe de grande année, les vieux ceps en général peu fructifères donnèrent une récolte généreuse de petits raisins, exemples somptueux du pinot noir le plus fin. Élégante et racée, la romanée-conti, d'abord sur la réserve, s'ouvre à l'aération sur un fruit très pur, une note de truffe et de cacao, de poivre blanc et de rose séchée. La matière suave et fraîche est encadrée par une trame tannique fine, qui porte l'ensemble vers une longue finale sur la fleur et la réglisse. Un vin tout en toucher et en vibration, comme une note harmonieuse longuement tenue par un musicien expert.
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- rouge tranquille
À la question "Êtes-vous content du millésime 2008?", Aubert de Villaine répondait après les vendanges: "Quand on s'est vu promis à l'Enfer, n'est-ce pas un bonheur inouï de se retrouver proche du Paradis?" Ici, comme sans doute ailleurs, on faillit bien tout perdre après une énième attaque de la Nature en septembre sous la forme d'un botrytis galopant. Finalement, des tris "haute couture" permirent de sauver le "coeur" de la récolte: onze pièces seulement pour le célèbre grand cru contre une vingtaine habituellement. Est-ce sa naissance difficile qui confère au vin cette timidité première? Délicatement aromatique, le nez semble encore sur la réserve. Heureusement, la bouche est plus loquace: elle s'ouvre sur un gras et un grain merveilleux, développant une sève soyeuse aux tanins onctueux qui possède toute la fraîcheur nécessaire à son équilibre et à son impressionnante longueur.
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- rouge tranquille
Vendangée durant la matinée du 22 septembre, la grande dame paraît sous des traits empreints de douceur. Le mois d'août froid et pluvieux n'a guère contribué à son moût, comme le voudrait le proverbe, mais en septembre sa richesse en sucre s'est accrue rapidement: près de deux degrés en une seule semaine. Préservée des menaces du botrytis très présent durant l'été, elle a pu reprendre confiance. Sa texture impeccable joue la suavité. On devine un pouvoir de séduction prêt à se libérer. Sa puissance ne fait pas appel aux tanins, mais à cette force intérieure qui la distingue. Une rose éclose à l'aube, à peine née. Est-elle faite pour être cueillie?
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- rouge tranquille
La vigne a été plantée en 1947. Une dizaine d'ares ont été replantés en 1997 (haute densité, 14 000 pieds à l'hectare, un rendement parcimonieux). Une quinzaine d'ares arrachés en 2003 seront replantés en 2008. Cinq ans de repos pour le sol, aucun raisin inclus dans le grand cru avant une quinzaine d'années. Vingt ans sont donc nécessaires à ces replantations lentes et prudentes. C'est aussi comme cela que se construit un mythe. Moins puissant que ses voisins en 2005, ce cru n'en possède pas moins une grâce particulière. Très persistant en bouche, il apparaît brillant dans sa robe sombre. À l'évidence, ce vin vendangé les 15 et 16 septembre se trouve encore dans le clair-obscur des peintres, en devenir, prenant tout son temps sans brusquer les choses. Sur le total des 5 489 bouteilles, il faut compter l'équivalent de 300 magnums, 10 jéroboams et 8 mathusalems. On vous souhaite le bonheur de cette rencontre.
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- rouge tranquille
Vendangée aux tout derniers jours d'août 2003 au bord de la surmaturation, mise en bouteilles en mai 2005, une romanée-conti rare (16 à 17 hl/ha) et haute en relief dès son berceau (13 à 13,5% vol.). Il fallait viser juste: récolte pas trop tardive, vinification pas trop longue. Grand et durable, ce millésime trouvera sa troisième étoile à l'ancienneté – c'est-à-dire à la maturité. Dernières nouvelles du domaine: il va se déplacer à Vosne pour s'installer dans l'ancien vendangeoir des moines de Saint-Vivant.
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- rouge tranquille
Le plus mythique des vins du monde! Le plus cher aussi. Son destin est prodigieux, liée à l'histoire de France, et son vin compte toujours parmi ceux qui parlent autant à l'intelligence qu'aux sens. Quand elle est jeune, la romanée-conti "disparaît" en général derrière la tâche. Là, pas du tout. Elle entend jouer la tête d'affiche dès son entrée en scène. D'une féminité extrême, délicate, mais aussi démonstrative et fruitée, elle a un charme fou. Tout le contraire des développements tanniques et robustes de nombre de grands crus en Côte de Nuits. On en reparlera vraiment d'ici un dizaine d'années.
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- rouge tranquille
Un domaine emblématique de la Bourgogne viticole: jusqu'en 1584, une propriété ecclésiastique; puis une terre réputée, acquise à prix d'or en 1760 par celui qui lui donna son nom Louis-François de Bourbon, prince de Conti, arbitre des élégances; à la Révolution, un bien national, acheté par de nouveaux notables. Aujourd'hui, il est propriété des familles de Villaine et Leroy. Le vin séjourne dans des fûts de chêne du Tronçais. Goûte-le! Bois-le! Mais n'essaie jamais de le décrire! Impossible de rendre compte d'un tel délice avec des mots! écrit Roald Dahl. Tentons pourtant l'exercice. Quelle année rappelle ce 98? Par le fruit, plutôt le 95. Par une certaine austérité première, le millésime 88. Sa robe est d'un beau rouge sombre, son bouquet composé de violette et son palais, élégant, intense, en même temps que délicat. Son élan de puissance ne retire rien au fruit. Ce carré de terre reste cette année encore au rendez-vous de l'histoire. Son expression 98 nous est apparue aussi précoce que celle de la tâche.
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